Après la situation géographique de mon stage, je suis bien obligée aussi de faire une description de ce que je fais concrètement à la Chambre d’Agriculture d’Auxerre. Si je manque d’enthousiasme pour cet article, ce n’est pas que je n’aime pas le thème de mon stage ; au contraire, ça m’intéresse beaucoup. C’est juste que je ne sais pas si je vais réussir à en faire un article fun…
Ben oui, moi, je n’ai pas de dessins rigolos de drosophiles à vous proposer, parce que
1) je ne sais pas dessiner, même des drosophiles
2) mon stage n’a absolument rien à voir avec des petites mouches sous microscope qui font des folies avec leur chromosome X
Non, moi, ce que j’étudie plutôt c’est les viticulteurs de l’Yonne. Et, pour ça, pas besoin de microscope ! (Ahh, j’aime pas quand je fais de l’humour à deux balles…)
Cette étude est une initiative de la Chambre pour essayer de recentrer ses services de conseil en fonction des réels besoins des agriculteurs. Mon maître de stage, Guillaume Morvan ("Responsable des actions vignes et vins" de la Chambre), a mis en place avec Claude Compagnone, un sociologue de l’ENESAD à Dijon, un projet d’étude baptisée Recensement des préoccupations des viticulteurs de l’Yonne. Pour la réaliser, il leur fallait quelqu’un d’ultra-compétent en techniques viticoles et maîtrisant parfaitement toutes les théories sociologiques. Vous comprenez dans ces conditions pourquoi j’ai été choisie… Nan, en fait il fallait sourtout quelqu’un d’extérieur à la Chambre, donc qui n’aurait pas d’a priori sur la question.
L’idée est de commencer par une petite vingtaine d’entretiens semi-directifs (ce qui rappelle de sympathiques souvenirs d’INIP…) sur un échantillon représentatif de viticulteurs. Semi-directif ça veut dire que ce n’est pas un QCM, on laisse parler l’informateur (parce que c’est comme ça qu’on dit en sociologie) et on le relance éventuellement si on veut qu’il développe un point ou s’il se met à digresser sur l’utilisation des chaudières à bois en Mongolie inférieure, ce qui, en plus d’être totalement ininteressant, ne rentre pas du tout dans le cadre de notre étude (quelquefois, malheureusement, l’un n’empêche pas l’autre…).
Ensuite, je devrai faire ressortir de ces entretiens (qui constituent la partie "qualitative" de l’enquête) les préoccupations principales des viticulteurs du département, les classer et les hiérarchiser, dans le but de réaliser un questionnaire bien précis cette fois-ci, qu’on pourra distribuer en masse. Ce sera la partie "quantitative".
Voilà en gros en quoi ça consiste.
Pour préparer les entretiens, j’ai déjà lu pas mal de bouquins de socio et Guillaume vient de me faire un cours technique sur la viticulture et la vinification (c’est super intéressant), pour que je ne passe pas trop pour une débile quand les viticulteurs vont me parler de rognage, d’écimage, de baissage, et autres essoumassage... Et encore, tous ces mots ne désignent que des travaux effectués pendant la période végétative de la vigne… C’est curieux chez les agriculteurs ce besoin d’utiliser des mots (Papa, j’espère que tu me lis parce que tu vas être le seul à trouver cette phrase drôle…) !
J'espère que vous avez bien compris en quoi ça consiste. Pour résumer le tout et aller à l'essentiel: je vais me faire payer des coups à boire chez des viticulteurs. Voilà.
PS: dans l'Yonne, la région vinicole principale c'est Chablis :)
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8 commentaires:
article tres interressant!
ok j'avoue, j'ai lu que le premier paragraphe, je prefere qd tu parles hp!
Histoire vécue d'INIP (non, ce n'est pas à moi que c'est arrivé, mais presque): dans le cadre d'un entretien également semi-directif, l'agriculteur sort la bouteille, à la grande joie des INIPiens chargés de l'entretien, mais ne se sert à boire... qu'à lui-même... au grand désespoir de ces mêmes INIPiens, je cite Marie et Renaud... Je rajouterai que c'est agriculteur déversait presque littéralement sa tonne à lisier dans le ruisseau... Mais voilà, entretien semi-directif oblige, je divague! Alors stop, je m'arrête là!
mais je vais même pas bosser sur les drosos finalement !!!
enfin sinon on a bien compris, tu vas cultiver ta réputation de poivrote !
PS: je t'ai envoyé une lettre aujourd'hui (méga suspense)
Mais oui je sais que tu ne bosses plus sur les drosos, mais ça me déçoit tellement...
Je crois que je sais ce que c'est ta lettre... Un objet d'art culte?
vive l'INIP !!!!
Je dirai même plus : Geneviève power !
Miiiiiiiiiiiitch!!!!
au secours, je crois que j'ai une génération de retard Caro, je connais Johny Clegg et je trouve ta dernière remarque très drôle ! ou alors c'est peut-être juste que nos parents ont des références communes...ouf !
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